Voie de Femme

Voie de Femme

Au-delà de la guérison

 

 

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Je refuse de m'identifier à la maladie. Raison pour laquelle je reste à distance des groupes d'entraide, même si j'en perçois toute l'utilité (pour certaines et/ou à certains moments de la vie). Je suis une femme, la maladie est une partie infime qui compose mon expérience, elle ne dit pas tout de moi.

 

Vouloir guérir, quelque soit la maladie, est, à mon sens, prendre les choses par le mauvais bout. Bien entendu, tout le monde souhaite vivre dans un corps en bonne santé. Et c'est notre droit divin à tous. Mais lorsque les choses ne se passent pas comme cela, lorsqu'il y a un 'bug', eh bien, à mon sens, il y a un sens justement là derrière.

 

Que veut me dire mon corps? Suis-je à l'écoute? Qu'est-ce que je n'ai pas voulu entendre?

 

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Nous cherchons la plupart du temps à 'aller mieux', à ne pas ressentir la souffrance. Et cela si possible sans rien faire véritablement, sans rien changer ni transformer dans notre existence. Nous tolérons des changements de surface, et nous remettons notre guérison à un quelconque thérapeute ou médecin, censé détenir la baguette magique de notre 'mieux-être'. Nous rechignons à quitter notre zone de confort, même si elle est source de malheur et de maux divers -qu'ils soient physiques, psychiques ou émotionnels. Cela revient à nier le pouvoir transformateur de la souffrance.

 

Le corps, qui ne se trompe jamais, me donne l'opportunité de revenir à moi-même. De plonger en moi, profondément. L'âme habite mon corps. Tel un temple, mon corps abrite la partie de moi qui, fragilisée par des blessures mais aussi forte d'un savoir, cherche à s'améliorer, à avancer, imperceptiblement.

 

Je m'offusque aujourd'hui à chaque fois que j'entends parler de "combat", de "lutte" contre (l'endométriose, le cancer, la guerre….). La lutte présuppose la dualité. Il y a le bien -la bonne santé- et le mal à combattre -la maladie.

 

Et si cette tumeur, ce fibrome ou ces endométriomes n'étaient pas là pour rien? Et si, au lieu de les voir comme des ennemis à combattre, à vaincre, je les voyais éventuellement comme des amis, ou, si cela m'est impossible, au moins comme des guides, des compagnons de route… Mon corps m'aime-t-il tellement qu'il m'envoie des signaux physiques pour m'aider à avancer, à aller chercher, à me mettre en route?

 

Or on ne se met pas en route contre, en marchant à reculant. Mais 'vers' une destination. Vers la guérison. Vers un mieux-être. Vers soi.

Et lorsque le retour à soi, à la maison, est entamé, une partie de la réponse est déjà trouvée.

 

Personnellement, j'ai commencé à guérir, vraiment guérir, lorsque j'ai arrêté de vouloir guérir. Lorsque j'ai décidé de retrouver MON chemin, de recontacter mon essence, mon être profond, la guérison s'est enclenchée.

 

Comment est-ce que je le sais?

 

Mon corps, que j'écoute quotidiennement, me le dit. Les preuves physiques (médicales) sont là également. La maladie se montre moins sournoise, cherche moins à me secouer, à me prendre par surprise. Mais surtout, je me sens davantage en paix. Certes, ça n'est pas gagné tous les jours. Comme tout le monde, je rêve parfois d'être en parfaite santé, de ne plus avoir mal, d'avoir de l'énergie. Mais globalement, j'avance sereinement, en accomplissant, pas à pas, ce que j'ai à accomplir. En écoutant cette part si sage, si divine en moi.

 

En défocalisant mon attention de la volonté de guérir, je soutiens par là même le processus de guérison. Je fais de l'espace, j'ouvre la main, au lieu de la contracter. Je donne de la place à autre chose: à mon expression de vie, au-delà de la maladie.

 

Bien entendu, cela ne veut pas dire que je renonce à faire quoique ce soit qui me fasse me sentir mieux et favorise une bonne santé. Mais je le fais d'un autre endroit -je me positionne différemment. Je fais tout ce que je peux pour comprendre la maladie, pour améliorer mon état de santé, et puis je lâche. Ma priorité, c'est d'aller bien et de me sentir vivante, vibrante, quelle que soient les conditions qui me sont proposées.

 

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Une fois la recherche de sens menée, je lâche également. Car il n'y a pas non plus à s'épuiser dans une quête parfois sans réponse  dans l'immédiat, sur le plan humain. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour favoriser un mieux-être, pour me mettre à l'écoute de mon corps, pour comprendre. Car mon corps est un temple, le véhicule de mon âme en cette vie et il mérite, pour cette raison, que j'en prenne soin et je que fasse ce qui est possible pour qu'il aille bien, fonctionne de manière harmonieuse, pour que je réponde à ses besoins. Et une fois que tout cela est accompli, je lâche. Et je vis ce qu'il y a à vivre!! Accepter ce qui est, la faille comme le chemin soyeux, les joies et les peines, voilà ce qui fait que je serai heureuse en tant qu'être humain.

 

 

Ce qui m'a aidé à cheminer vers la guérison également: c'est d'affronter la peur que, oui, peut-être je ne guérirai pas. Je l'ai traversée cette peur, cette réalité potentielle. Qu'est-ce que cela signifie concrètement, pour ma vie? A quoi ressemblera ma vie dans 6 mois, 2 ans, 10 ans si ça ne va pas mieux? A quoi ressemblera mon quotidien?

 

Oui, peut-être que je devrai me faire opérer à nouveau. Ma première réaction: terreur, refus, résistance.

 

La sage en moi: "Ok. Et alors. Bien sûr que tu auras la force d'affronter. D'une manière ou d'une autre. Au pire, que se passera-t-il?"

 

"Ok, tu crains qu'on t'enlève tes ovaires et ton utérus. Et que se passera-t-il?"

 

"Ok, peut-être ne pourras-tu vraiment pas avoir d'enfant….

 

Et alors???"

 

Lorsque ces peurs sont traversées, avec l'assistance d'un thérapeute ou par ses propres moyens, vraiment traversées, jusqu'au bout du bout… eh bien, très étonnamment, ce qui était pressenti comme étant une catastrophe s'allège. La peur est toujours plus puissante que la réalité. Notre ego est merveilleusement habile pour nous manipuler et nous faire croire au pire des pires, sans même que nous ayons une idée de ce que cela sera.

 

Certes, j'ai des projets, des rêves, des envies, des aspirations.

Mais si ceux-là ne se réalisent pas -que ce soit la guérison physique, la venue au monde d'un enfant…-, est-ce à dire que je devrai vivre malheureuse jusqu'à la fin de mes jours?? Mon bonheur et mon bien-être dépendent-ils de tout cela?

 

Non. La joie et la plénitude émergent de l'intérieur. Les événements extérieurs, lorsqu'ils sont joyeux, favorables, contribuent à alimenter ce feu intérieur. Mais ils ne sont pas la raison du bonheur, juste sa résultante.

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Ainsi, j'apprends à accepter que quoiqu'il arrive, je saurai y faire face. Peut-être -et sûrement- y aura-t-il encore des moments de souffrance, de doutes, de vacillements.

 

Tout cela fait partie d'un chemin d'être humain. Mais je pressens intuitivement et concrètement, puisque je l'expérimente par petites touches, qu'il est possible de vivre la joie, l'amour et la sérénité même lorsque le corps ne fait pas tout ce que j'attends de lui, même lorsque la vie ne répond pas à mes envies.

 

Mais pourquoi la vie ne répond-elle pas toujours, d'ailleurs? Que veut me dire mon corps, ce 'bug' dans mon ventre?

 

Peut-être que mon maître intérieur, si on le lui demandait, répondrait que la vie, dans son infinie sagesse, sait parfois mieux que moi ce qui est bon et juste pour moi. Que cela plaise à mon ego ou non.

 

 

"Accepter, ce n'est pas se résigner, mais rien ne vous fera perdre plus d'énergie que de résister face à une situation que vous ne pouvez pas changer."

Dalaï Lama

 



13/10/2016
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