Voie de Femme

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Les blessures du féminin comme appel à un nettoyage collectif

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Le corps parle. La douleur physique, lorsqu'elle est chronique, mène invariablement à la souffrance psychique et émotionnelle. Ce ventre qui se déchire, lorsque la maladie flambe, crie l'injustice, le désespoir, l'incompréhension, la peur, la solitude.

 


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Telle la Belle au Bois Dormant, j'ai longtemps attendu qu'un Prince Charmant venu de nulle part m'embrasse pour que le mal s'arrête. Mais il n'en fut jamais ainsi. Le réveil a eu lieu lorsque je me suis relevée, seule, et mise en quête du sens de la maladie.

 

 

 

Cela suppose un changement radical de positionnement: je ne suis pas victime de la maladie, je prends ma responsabilité en assumant que la souffrance qu'elle engendre a un sens pour moi. Cela n'enlève certes rien à la douleur, dans un premier temps. Mais l'attitude intérieure, qui s'apparente aux premiers pas de l'enfant qui se met à marcher et à se tenir debout, renverse la vapeur.

 

De plus en plus de femmes se voient diagnostiquées 'atteintes d'endométriose'… Y a-t-il toujours plus de femmes malades ou nos méthodes de dépistage sont-elles toujours plus efficaces? Le fait que le cycle féminin et, par conséquent, cette maladie sortent progressivement de l'ombre explique peut-être cet accroissement des cas. Ou les facteurs environnementaux, puisque la dioxine, les métaux lourds et autres polluants seraient des perturbateurs endocriniens jouant un rôle majeur dans l'apparition de l'endométriose.

 

Certes.

 

Subissons-nous donc dans nos entrailles, nous les femmes, les conséquences de l'exploitation et de la maltraitance désastreuse que les êtres humains font subir à notre Terre Mère?

 

A n'en point douter, les désastres écologiques, encore beaucoup trop passés sous silence, sont et seront des facteurs majeurs dans le développement de certaines maladies.

 

L'endométriose, un mal très contemporain, donc?
Est-ce que seule la pollution est en cause?

 

Je n'y crois pas.

 

Si autant de femmes souffrent de cette maladie aujourd'hui, peut-être y a-t-il à chercher ailleurs, dans une dimension plus subtile.

 

Si cette accroissement de cas contenait, en fait, les germes d'un message encourageant et positif pour l'humanité? Si la maladie était en train de nous dire, à nous les femmes, que nous sommes enfin prêtes à faire des pas de géant et à prendre notre juste place? A contribuer activement à guérir les blessures du patriarcat, pour pouvoir en sortir?

 

Et si les femmes occidentales exprimaient aujourd'hui, par leurs corps en souffrance, les maltraitances subies par des lignées de femmes avant elles? Et si ces entrailles tiraillées témoignaient des blessures, des viols et autres abus commis à l'encontre de l'intégrité féminine, encore tant répandus sur terre?

 

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Et si cette maladie gynécologique nous montrait qu'il est temps de faire face à cette violence, à cette maltraitance et que l'humanité -femmes et hommes confondus - se mettent en chemin et arrêtent de se faire la guerre pour se réconcilier avec le féminin - intérieur et extérieur?

 

Ma propre souffrance, alors, se transforme. Au-delà de mon nombril, du handicap au quotidien que génère cette pathologie, certes important et à ne négliger en aucun cas, se profile une vision plus vaste, plus large que moi. Serais-je porteuse d'un message pour les femmes? D'une promesse, pour toutes les femmes de mes lignées, de ces générations de femmes soumises, violées, silencieuses, victimes, enceintes sans le vouloir, de même que pour toutes ces femmes dans le monde aujourd'hui encore excisées, cachées, vendues, dont la parole, et même l'existence, est tue ?

 

Cette maladie serait-elle alors une chance, non pas uniquement pour moi, mais pour toutes ces femmes qui n'ont pas (eu) les opportunités thérapeutiques et la liberté de s'exprimer, prendre leur place et cheminer en conscience dont nous disposons aujourd'hui?

 

Je ne suis pas en train de dire que chaque femme souffrant d'une maladie gynécologique a pour mission de 'sauver le monde'. Personne n'a cette mission d'ailleurs. Et il ne s'agit pas non plus de s'insurger contre les hommes. Bien au contraire. Les hommes sont aussi, dans les blessures qui sont les leur, en souffrance. Leur féminin pleure également, dans ce monde patriarcal déséquilibré.

 

Je m'aventure juste à sentir, au fond de mon ventre, le message d'espoir, d'encouragement, qui m'est susurré par l'un de mes guides intérieurs. Par le dragon ailé -la maladie elle-même!

 

Je suis intimement convaincue qu'il est nécessaire que chaque femme, dans la mesure de ses possibilités, se mette debout et prenne sa vie en mains. En sortant de l'état de victime, nous faisons comprendre à notre masculin intérieur que nous ne sommes plus impuissantes. Nous apprenons alors à nous mettre à l'écoute de notre intimité, et, par conséquent, à mieux se (faire) respecter.

 

En cheminant, individuellement, puis éventuellement dans le partage constructif entre sœurs , nous contribuons à la guérison de toutes les femmes avant nous, et après nous.

 

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Relevons-nous, femmes souffrant d'une maladie au féminin, et soutenons-nous pour œuvrer ensemble, en toute humilité et à notre échelle, à une plus juste place et à une guérison du féminin collectif. Au nom de toutes ces femmes qui n'ont pas pu, ne peuvent pas, ne pourront pas. Réveillons-nous et n'attendons pas que les solutions viennent de l'extérieur -d'un chirurgien aux doigts de fée, d'un médecin aux dons de voyance, d'une pilule miracle, d'une plante aux vertus magiques…

 

C'est ainsi que le soin porté à notre propre bien-être se transforme, car le mouvement vient de l'intérieur. Nous prenons en main notre guérison, sur tous les plans (corps, cœur, âme). Ensuite, des outils extérieurs nous permettent de cheminer. De soulager les symptômes peut-être, voire d'apaiser ou même de guérir la maladie. En parallèle,  une guérison plus vaste, divine (?) , qui dépasse notre propre existence individuelle, voit le jour.

 

En prenant soin de notre personne, de notre corps, mais aussi de notre âme et de son appel, non seulement nous attirerons les remèdes extérieurs adéquats pour nous, mais nous apaiserons une part de notre karma, de notre héritage. De l'inconscient collectif, tout simplement.



12/10/2016
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