Voie de Femme

Voie de Femme

Prise de responsabilité et réconciliation avec le Tout

 

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La médecine allopathique a très vite déposé les armes. Très clairement, les seules possibilités à ce jour pour 'gérer' une endométriose sévère, c'est de mettre les ovaires au repos au moyen de traitements hormonaux à prendre au long cours, si possible sans faire venir les lunes, ce sang qui coule inutilement, selon certains gynécologues, chaque mois. Si certaines femmes optent pour des anti-inflammatoires puissants et de la morphine, d'autres passent régulièrement sur le billard pour se faire opérer, vu que la maladie peut revenir, s'étendre, au fil des ans, au fil des cycles. Un grand spécialiste de l'endométriose m'a dit une fois, d'un air condescendant: "eh bien madame, j'ai déjà vu beaucoup de femmes qui, à votre âge, avaient été opérées au moins 15 fois."… J'en suis restée coite. Devais-je donc sauter de joie de n'avoir été opérée 'que' trois fois??

 

Cela peut sembler étrange au commun des mortels, et pourtant bon nombre de gynécologues ignorent - ou ne veulent pas voir - qu'en opérant les organes génitaux d'une femme, en trifouillant dans son ventre, ils touchent à ce qu'il y a de plus intime en elle. Notre ventre est en effet le centre de notre puissance, mais aussi de notre vulnérabilité…   Pour certaines patientes, les opérations et intrusions gynécologiques répétées et  réalisées sans tact peuvent se rapprocher d'une sensation de viol. Et ainsi, contre son gré, le corps médical est susceptible, par son indélicatesse, de raviver une plaie encore ouverte dans l'histoire de cette femme, ou de ses mémoires familiales ou collectives.

 

Les méthodes utilisées par les gynécologues d'aujourd'hui, issues d'un monde patriarcal peu à l'écoute des besoins du féminin, m'ont vite parues violentes. Je me suis révoltée. J'ai pesté contre les hôpitaux, les médecins, que je qualifiais pour la plupart d'insensibles.

 

C'est alors que je me suis tournée vers les thérapies dites alternatives. Celles qui soignent le corps, telles que l'homéopathie, la biorésonance, la kinésiologie, la spagyrie, les huiles essentielles, la médecine chinoise, l'énergétique. Celles qui soignent l'âme aussi. Déprogrammation cellulaire, travail sur les vies antérieures, sur les lignées familiales, hypnose…Et j'en passe!

 

J'ai surtout, surtout, avancé dans mon développement personnel et spirituel. Telle une archéologue qui fouille, sans relâche, un site rempli de gravas mais riche en trésors encore inviolés, je n'ai cessé, entre les rechutes, mais aussi pendant les moments de répit que me fournissent les traitements hormonaux, d'investiguer, de questionner mon corps, mon âme, sur ce qu'ils avaient à me dire. Nombre de thérapeutes m'ont encouragé, soutenu et m'ont fait croire en une guérison possible, alors que le corps médical n'avait de cesse de me répéter que cette maladie est chronique et incurable.

 

J'ai eu la foi. Et j'ai donc, bien entendu, refusé tout traitement hormonal par moments, arguant que cela n'était "pas la solution". Je suis adepte du naturel, je ne veux pas infliger à mon corps des traitements chimiques qui le déséquilibrent, traitements qui plus est qui ne guérissent pas, mais permettent uniquement de masquer les symptômes. Qui n'est pas en mesure de comprendre cela??

 

Forte de la certitude que le travail intérieur était terminé, que mon changement de régime alimentaire et les remèdes naturels feraient leur effet, j'étais convaincue que j'allais pouvoir faire un pied de nez à la médecine allopathique.

 

Il n'en fut pas ainsi.

 

femme-douleur-ventre.jpgLes rechutes n'ont pas tardé, les passages à l'hôpital ont repris, et avec cela mon conflit intérieur également: "Les médecins avaient donc raison, les thérapeutes ne savent pas de quoi ils parlent."

 

J'ai ainsi repris un traitement pour faire 'taire le dragon' et calmer le volcan, sans véritable solution à la clé.

 

J'ai alors réalisé qu'en vérité, je passais, tel un pendule, d'un extrême à l'autre. J'opposais les thérapies alternatives à la médecine allopathique. Je détestais les uns, puis pestais contre les autres.

 

En réalité, je remettais mon pouvoir à l'autre. Aux thérapeutes holistiques, que je voulais croire en possession du Saint Graal (la guérison), désespérément. A leurs multiples remèdes, que j'avalais chaque jour, comme des potions magiques.

Puis, au moment de la désillusion, je remettais par dépit la guérison de mon corps aux chirurgiens, aux gynécologues, aux traitements chimiques.

 

Je leur faisais porter, à tous, une responsabilité qui ne leur appartient pas. Car c'est un fait: je suis seule responsable de ma vie et de mes choix. J'ai alors fait un bond en avant, en prenant conscience en profondeur qu'il était temps de cesser de m'identifier à la victime d'un mal chronique, dit incurable.

 

Je me suis alors souvenue que malgré ma résistance face à la médecine allopathique, ce sont les antibiotiques qui, lors d'une opération, m'ont sauvé la vie.

J'ai regardé avec gratitude tout le chemin parcouru grâce à tous ces thérapeutes, mais et surtout grâce à moi-même, à mon courage, à ma volonté d'affronter, d'aller de l'avant, de me relever, quoiqu'il advienne.

 

Et c'est alors que je me suis souvenue des enseignements du Tantra, voie qui est mienne et que j'ai retrouvée grâce (ou à cause de?) la maladie: nous vivons dans un monde duel, qui oppose le jour et la nuit, le masculin et le féminin, le bien et le mal. Nous faisons constamment un grand écart, nous privilégions le "ou" en défaveur du "et", qui réconcilie, qui harmonise, qui apaise.

 

Or le chemin qu'accomplit chaque être, tôt ou tard, c'est un retour vers l'unité.

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L'unité… Et si c'était le moment d'appliquer ce principe théorique, cher à mon cœur, à cette situation de santé non maîtrisable?

 

'J'inspire la vie et ses promesses, mais aussi ses défis. J'expire l'union avec le Tout.'

 

Aujourd'hui, mon souhait est d'unir les démarches, de faire le pont entre ce que j'opposais autre fois -maladie et 'bonne santé', médecine allopathique et prise en charge holistique et alternative, matérialisme et sacré.

 

Mon essence de femme, le féminin sacré qui vibre en moi, je le sens lorsque les combats intérieurs cessent, et que j'écoute, que tel un chef d'orchestre, je laisse la place à chaque son et que je les rassemble. Une harmonie peut alors émerger (malgré quelques fausses notes et autres sons discordants).

 

Et s'il était possible de vivre dans l'incertitude, en n'ayant pas de solution toute faite, ni des médecins, ni des thérapeutes? Et si mon âme, dans son infinie sagesse, avait, elle, la réponse?

 

Que me susurre-t-elle?

 

Eh bien qu'il est temps de poser les armes. Que le sacré, la profondeur, peuvent se vivre dans chaque situation. Même si je suis sous traitement chimique. Même si je recours à la 'procréation médicalement assistée'...

 

Mon masculin, bien droit dans son axe, donne la direction avec justesse. Et lorsque je peux lui faire confiance, me reposer sur lui, mon féminin est en mesure, librement, de sentir et se laisser porter, de danser son chemin.

 

L'union est là, à portée de mains. En chaque situation. En chaque décision. Nul besoin d'attendre la 'perfection'.





11/10/2016
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