Voie de Femme

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EndométrIose... ou comment oser le "i"

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Que peut bien vouloir me dire la maladie, cette endométriose?

 

Etre touchée dans ses organes de reproduction, dans son utérus, dans ses ovaires, a un sens. Pourquoi la femme que je suis est-elle atteinte au plus profond de son intime?

 

Depuis que l'on m'a diagnostiquée une endométriose de stade IV, je n'ai eu de cesse de cheminer avec cette question du sens de la "mal-a-dit". Aujourd'hui, ce cheminement en conscience me permet d'accompagner les femmes en souffrance  et de leur donner des pistes de compréhension, tout en sachant qu'il y a autant de significations d'une maladie que de personnes atteintes du même mal. A chacune ensuite de se mettre en quête de sa propre vérité, forte de ces pistes que je lui aurai proposées.

 

L'utérus est le centre de notre puissance féminine. Cet organe infiniment puissant permet non seulement de donner la vie à un enfant mais est aussi, en tant que centre énergétique, le cœur de notre puissance créatrice de femme.  Que nous ayons encore un utérus ou pas, peu importe. La vibration est là.

 

L'utérus est le réceptacle de la vie, le symbole même de notre puissance réceptive. Et en même temps, dans ce même utérus se créé la vie. Ainsi, les polarités féminine et masculine, réceptive et active, sont à l'œuvre dans notre utérus, qui contient ainsi toute la puissance de réconciliation du féminin.

 

La puissance féminine ne se limite bien sûr pas à mettre au monde un enfant. L'énergie créatrice et créative est contenue dans le bas ventre, dans ce même centre de l'utérus. Les ovaires, quant à eux, sont l'expression de cette vie, de cette fécondité, de cette pulsion de vie créatrice et fertile. Ils sont l'endroit où commence la vie, toute forme de projet créatif et créateur.

 

Que dire alors lorsque ces organes sont affectés par une pathologie telle que l'endométriose?

 

Un utérus et/ou des ovaires en souffrance nécessitent de se poser, entre autres, la question suivante: suis-je en conflit dans la manière dont je créé ma vie, ai-je réussi à donner naissance à la femme que j'aimerais être? Suis-je dans le bon métier? Dans la bonne relation? Ou au contraire  suis-je plutôt soumise (à un modèle, à ce qu'on attend de moi…). Tout cela peut se jouer à un niveau conscient, mais aussi - et c'est souvent le cas - inconscient.

 

Ma féminité ne crie-t-elle pas famine, par manque de nourriture satisfaisante pour mon âme, mon essence profonde?

 

Des doutes quant à sa capacité à créer (des projets, une relation amoureuse épanouie, un équilibre, un enfant…), à se réaliser, amène indubitablement un déséquilibre au niveau énergétique et, tôt ou tard, dans le corps physique.

 

shutterstock_130218290.jpgUne femme épanouie, profondément joyeuse et en accord avec son Féminin Sacré est une femme en bonne santé. C'est une femme qui sait mettre des limites, sait dire non et ainsi sait exprimer un vrai 'oui'. C'est une femme debout, une femme intimement connectée à la beauté et au mystère du Féminin.

 

Lorsque l'axe vacille, lorsque notre énergie masculine, celle qui nous permet d'agir, de dire non, de dire oui, de croire en nos capacités et de créer dans la matière est déficiente, les organes de reproduction de la femme peuvent pleurer.

 

Les pistes de compréhension de la maladie sont multiples, mais l'une d'entre elle est à trouver dans le terme même qui décrit cette "mal-a-dit".

 

Pour moi aujourd'hui, ce qui résonne dans le terme "endométriose", c'est avant tout le verbe OSER.

 

Chère endogirl, je te pose la même question que je me suis longtemps posée: oses-tu vivre pleinement la vie que tu souhaiterais? Oses-tu ta vraie puissance de femme (je ne parle pas ici du pouvoir sur l'Autre, qui consiste à vouloir l'écraser et le dominer)?

 

Pendant des siècles, le patriarcat a mis le féminin à terre, l'a nié, maltraité. Mais aujourd'hui, le féminin (des femmes et des hommes) a la possibilité de se relever, de s'affirmer. Que faisons-nous tous de cette opportunité? Est-ce que nous la saisissons ou continuons-nous la lutte contre nous-mêmes, contre des parties de nous, et contre le sexe opposé?

 

Et que dire du "i" placé avant le "ose"  dans "endométrIose"..? Mon passée de linguiste et mon envie de jouer avec les mots (au-delà des maux) dans la lignée de la psychanalyse lacanienne m'a amenée à ce questionnement. "Endo" signifie à l'intérieur (par opposition à "exo"). "Ose mettre à l'intérieur"… Mettre quoi? le "I", dressé fièrement au milieu du mot!

 

Or, qu'est-ce que le "i"? Lorsque l'on chemine sur un plan spirituel, et en particulier sur la voie tantrique, on comprend que le "i", nous le contenons à l'intérieur de nous. C'est notre axe, notre verticalité  (ne dit-on pas dans le langage commun "être droit comme un i")? Ainsi, notre droiture intérieure, notre colonne de vie, ce qui nous permet de nous tenir debout, ressemble à un "i"!! D'ailleurs, si l'on chante, sous forme de mantra, un "i" en continu, on redresse notre corps, on se sent grandir, automatiquement.

Le "i" est ainsi ce qui nous permet de nous tenir droits, debout. C'est ce pilier que nous sommes lorsque nous faisons face à notre vie avec responsabilité et que nous ne ployons pas sous les fardeaux et les épreuves, par impuissance.

 

Oses-tu le "i", cette verticalité, cette puissance qui t'est propre, chère femme? Oses-tu te relever, sans colère mais avec force, ou as-tu encore besoin de vivre l'impuissance, de te sentir victime?

Sens-tu toute la possibilité de ton être créateur? Sens-tu ce que ta nature féminine aimerait vivre et exprimer si elle était totalement libre? Te sens-tu coupée de ton énergie de vie ou au contraire, es-tu en contact avec ta kundalini,  la puissance de ton serpent? Te sens-tu en sécurité à l'intérieur de toi, oses-tu te déployer tel un "i" qui s'enracine dans la terre et s'élance vers le ciel?

 

Oser le "i", c'est oser prendre sa place, oser prendre le risque de se tromper, oser sortir du contrôle et de l'identification au statut de victime impuissante. Oser lâcher ses chagrins passés pour donner une chance au présent et aux cadeaux du futur. A travers l'endométriose, la Vie peut nous inviter à nous réapproprier notre "i", notre puissance verticale, notre capacité à nous déployer de la Terre au Ciel.

 

Lorsque l'on retrouve son "i", l'aspiration à la joie, l'authenticité, la plénitude, à sa puissance de magicienne et de femme créatrice sur tous les plans peut émerger à nouveau.

 

La maladie devient alors un outil permettant de prendre conscience qu'une partie de nous n'est pas épanouie, n'ose pas se déployer. C'est alors que la maladie n'est plus quelque chose que l'on subit, mais un outil de transformation et de connaissance de soi puissant. 

 

La Terre nous demande de faire ce chemin, à nous les femmes. Au niveau collectif, la guérison du Féminin nécessite que les femmes se relèvent, se mettent debout. Prennent en mains leur vie, honorent leur puissance.

 

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Renforçons nos racines, osons déployer nos ailes vers ces énergies subtiles qui sont impatientes de nous traverser et de nous aider à renaître au cœur de nos utérus et de nos ovaires, à un féminin puissant, droit et beau.

 

Le corps, alors, n'aura peut-être plus besoin de la maladie pour s'exprimer.

 



04/05/2017
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